Workshop_Art en jachère_Centre d'art Marnay sur Seine
ART EN JACHÈRE _ _ _ __ 14 _ 15 novembre 2007 _ présentation du workshop CAMAC _ _ _ _ Centre d'Art Marnay Art Center _ Marnay sur Seine
Marc BLIEUX _ Laurent LACOTTE _ Thibault RABILLER _ VINCENT + FERIA _ Jean- Yves COFFRE _ et DES INVITÉS _DES VOISINS_et LES ARTISTES DE CAMAC
Préambule :
Je connais Françoise et Elohim Vincent Feria depuis 2005. J'avais lancé un appel à participation pour la programmation AIRE 2005 sur le site pourinfo.org avec cet intitulé :
ECOLOGIE X 3 Naturelle,
Sociale,
Psychique
La pensée écologique est le plus souvent limitée à la biosphère. Le social et le psychique sont soumis, de la même façon que notre environnement naturel, à des flux pouvant les f aire évoluer, les contraindre ou régresser.
Les artistes participent à cette capacité de f aire " réémerger des systèmes de valeurs qu'il convient de protéger, de vivifier, de réimpulser dans de nouvelles voies "*. Leurs créations, dans tous les domaines de l'expression contemporaine, peuvent accompagner notre compréhension de ces 3 écologies et ainsi inventer ces nouvelles voies.
* Félix Guattari
VINCENT+FERIA ont donc répondu à cet appel. En fin d'année 2005, j'ai conçu cet atelier et je leur ai proposé de le diriger :
À l'aide de caméras vidéo, d'appareils photographiques, d'enregistrements de sons et de l'utilisation d'internet, 10 jeunes (15-20 ans) participeront à une aventure artistique autour des notions d'écologie. Ils réaliseront des tournages, provoqueront des invitations, des rencontres afin de discuter et provoquer le débat. Ils chercheront à faire surgir remarques, anecdotes, expériences afin de favoriser la discussion et la réflexion autour de l'écologie, de l'équilibre entre environnement, société et individu. Un dispositif internet sera mis en place et permettra de diffuser et communiquer l'expérience de l'atelier. L'auditorium de l'école de musique de Moulins sera transformé en plateau TV. Une Web TV sera créée.
Tout se présenter bien. Le dispositif internet était un bus entièrement équipé afin de pouvoir aller dans les différentes communes du département et de réaliser les tournages. J'ai lancé un appel auprès des 26 communes de la Communauté d'Agglomération afin qu'elles nous fassent part de ce qu'elles avaient mis en place en matière d'écologie. Mais une seule a répondu, pour dire....qu'elle n'avait rien fait de particulier !. Nous aurions pu rebondir là dessus mais nous n'avions plus assez de temps pour retravailler l'ensemble du projet. Il a été reporté à une date ultérieure.
Depuis Octobre 2006, j'ai créé un espace pour AIRE dans Second Life (>lien) qui est devenue après une île entière Ecologia Island (>lien). AIRE a été la première association à s'implanter sur cette plate-forme. Toujours dans une démarche transdisciplinaire et autour des 3 écologies, AIRE y réalise des créations et propose des actions.
A partir des photos de Perspective antarctique, réalisées par Françoise et Elohim et mises à disposition de tous en copyleft, j'ai créé fin 2006 un plateau Pôle AIRE. J'ai invité Françoise et Elohim Vincent Féria à intervenir sur Second Life. Pris chacun par nos projets respectifs, cette intervention est repoussée à plusieurs reprises.
Octobre 2007, Françoise et Elohim Vincent Féria m'invite à participer a un workshop à CAMAC, centre pour les arts, les sciences et la technologie situé à Marnay sur seine (lien). Il se déroulera les 14, 15 et 16 novembre.
Déambule :
288 kilomètres pour relier en voiture Moulins à Marnay sur seine. L'arrivée dans ce petit village pittoresque de 230 habitants (lien) vous met tout de suite dans la situation.
De nombreux panneaux mentionnant l'usine SMBE avec des logos danger: corrosif, explosif, inflammable, toxique ainsi que NON à l'usine Bio Ethanol
Un projet d'implantation d'une usine de "bio" éthanol" du groupe Soufflet (lien) est en cours à Marnay soulevant l'opposition des habitants du village.
Une association a été créée :
http://seinelibre.blogspot.com/



Espace Pôle-AIRE dans Second Life
Article de Christine Tréguier dans Politis :
À Marnay-sur-Seine, dans l'Aube, un industriel veut implanter une usine de biocarburants. La population dénonce un projet coûteux et dangereux.
Marnay-sur-Seine est un petit village de 250 habitants, à 5 km de Nogent-sur-Seine (Aube). La mairie était, jusqu'au 8 août, tenue par Fernand Maillet (proche du FN). Mais l'annonce de l'implantation d'une usine de production de biocarburants (dans le cadre des actions volontaristes de l'État pour développer la filière éthanol, entre autres) sur une exploitation agricole entre Marnay et Pont-sur-Seine a changé la donne. L'implantation a de telles implications environnementales et financières que la mairie a été mise en difficulté. Des élections anticipées ont permis à une coalition hétéroclite de se faire élire en récoltant 52 % de votes dès le premier tour (participation record de 80 %). Remarquable, pour un village où le Front national a fait 43 % aux dernières cantonales ! Motif : la nouvelle équipe municipale s'oppose au projet d'usine. Pilotée par Christian Guillard, elle rassemble écolos, retraités, syndicalistes, « rapportés » parisiens et autochtones.
Mais pourquoi s'opposer ? diront certains. Les biocarburants, c'est bio (plus que le nucléaire de Nogent), ça draine des subventions colossales et ça crée des emplois dans une région peu favorisée. Ce n'est pas si évident (voir entretien). Les Marnois au pouvoir en savent quelque chose.
Lorsque Michel Soufflet, fondateur et président du directoire de la multinationale familiale française éponyme (1), a dû faire une croix sur les terrains d'une « banlieue » de Nogent, Le Mériot (une zone humide jugée inadaptée car trop proche de la Seine, et abritant des espèces protégées), il s'est mis en quête d'un autre lieu d'implantation proche de son siège de Nogent. Discrètement, il a acquis les terres d'un exploitant en retraite, entre Pont-sur-Seine et Marnay, et déposé son nouveau dossier.La commune de Pont a lancé dans la foulée, le 12 septembre, non pas une enquête publique, comme il se devrait, mais une révision simplifiée du PLU (Plan local d'urbanisme). Bouclée bâclée, dit Cyril Elbaz, conseiller municipal en un mois, et qui conclura très certainement à la faisabilité de l'usine, moyennant quelques aménagements et dérogations mineurs.
Soufflet est pressé. Les subventions (conseil général, conseil régional, communauté de communes mise en place pour cet objectif, etc.) tombent, il faut construire l'usine, le rond-point qui permettra à deux cents camions de circuler chaque jour, gérer le transit du blé distillé pour produire l'éthanol, et être prêt au 1er juillet 2008 à produire le premier des 45 000 hectolitres promis par Thierry Breton.
Face à cette urgence, les Marnois s'activent aussi. Ils se sont constitués en Association de protection de l'environnement, ont pris un avocat, et organisent réunions d'information et manifestations dès que l'occasion s'en présente. Ils informent avant tout sur les multiples nuisances qu'entraînera l'usine pour le village et ceux qui l'environnent. La liste dressée par Cyril Elbaz est impressionnante. À proximité de la future distillerie : un site archéologique proto-historique dont les fouilles préventives seront complétées sous peu par la Direction régionale des affaires culturelles (Drac), un château du XVIIe siècle inscrit aux Monuments historiques, trois zones d'intérêt écologique faunistique et floristique (Zieff) à moins de 200 mètres. Les environs de Marnay sont également classés « Natura 2000 », donc théoriquement protégés de toute dégradation.
Cela ne suffit pas ? En voilà encore : les usines d'éthanol sont classées Seveso 2 (parce que l'éthanol, ça peut exploser). Même si, depuis AZF, la gestion de ces sites à risques s'est sérieusement améliorée, les cuves seraient à 65 mètres de la Nationale 19 (et non 75 mètres, comme l'impose la loi), et à 500 mètres de la première zone pavillonnaire. On ignore tout de la maîtrise des déchets et des très importants rejets de CO2. L'enquête a été réalisée à grands frais par CDHU, un cabinet d'architecture troyen, qui est tout sauf expert en la matière. Quant à la pseudo-enquête publique, confie Cyril Elbaz, elle développe toutes ces contraintes, mais botte en touche à chaque fois. Le château n'est pas classé, juste inscrit ; l'usine n'est pas sur une Zieff ; le site archéologique est mineur ; pour la nationale, une dérogation suffira, etc. Les médias locaux hormis les sites et blogs dissidents ne relaient guère la fronde de ces Gaulois en colère.
Outre les risques, les Marnois ont d'autres arguments. Le maire de Montereau serait prêt à accueillir l'usine sur un espace bien plus adéquat. Mais les collectivités ignorent sa proposition. Celle-ci ne sied sans doute pas à Soufflet, qui souhaite être au plus près de Nogent, suppose Elbaz ; pas plus qu'à Gérard Ancelin (maire de Nogent et vice-président du conseil général) ou à la future Communauté de communes, qui verraient des revenus inespérés partir en fumée.
Lire la suite dans Politis n° 925
(1) Créé en 1925, le groupe Soufflet est le premier collecteur français de céréales, le premier malteur (22 usines dans le monde) et le premier meunier européen. Michel Soufflet est classé 65e fortune mondiale avec 530 millions d'euros de patrimoine. Source : l'Observateur de l'Aube, 27 octobre 2006

A travers les chemins de terre pour se rendre à la centrale de Nogent

Photo de famille : )

On nous aura prévenu !


JOURNAL DU WORKSHOP :
C'est dans ce contexte très particulier que j'arrive pour ce workshop de 2 jours.
Première soirée :
Dans le centre d'art, belle et accueillante bâtisse du XVIIème siècle, nous commençons par les présentations. Je ne connais pas les 2 autres participants, des étudiants de Françoise et Elohim, Laurent Lacotte et Thibault Rabiller. Françoise lance comme façon de se présenter, que chacun raconte un événement fort. Je choisis de raconter l'action que j'ai lancé en mai dans le cadre des élections présidentielle, la première action écologique française qui a eu lieu sur Second Life :
- présentation de l'action, bilan du 23 , passage sur Canal +, action du 6 mai, bilan

AIRE- Second Life, action EP-AIRE
Première journée :
Le village de Marnay a également particularité d'être proche de la centrale nucléaire de Nogent sur Marne. Construite de janvier 1981 et mise en service en 1987, elle occupe plus de 650 personnes.
Le nucléaire est une industrie polluante et dangereuse qui produit chaque année environ 63 000 000 kg de déchets radioactifs dont 300 000 kg de déchets hautement radioactifs d'une durée de vie de plusieurs milliers d'années. Il n'y a actuellement aucune solution pour ces déchets que l'on se contente d'enterrer hypothéquant totalement l'avenir.
Les risques d'accident sont réels, tant sur place que lors du transport.
Informations: Réseau sortir du nucléaire
Durant cette première journée nous avons souhaité parcourir le territoire et nous rendant, à pied, à la centrale nucléaire de Nogent sur seine. Nous avons pris les chemins de terre, à travers la zone des carrières. Nous débouchons sur une route qui longe l'enceinte de la centrale, cernée de hautes grilles et agrémentée régulièrement de panneaux zone protégée, défense de pénétrer.
Nous n'avons pas fait 100 m que déjà 2 voitures de gendarmerie nous dépassent. Certainement que notre petit groupe de 6 personnes chaudement habillées d'épais blousons et de bonnets, photographiant et filmant, a tout de suite éveillé l'attention. Devant l'entrée de la centrale nous n'échappons pas à un contrôle d'identité. L'agent nous apprend que tout le périmètre qui va de la gare à la centrale et au chantier de l'usine Bio éthanol est classé "zone sensible" et sous le coup du plan Vigie pirate. Vous pouvez être contrôlé n'importe où sur ce large territoire à n'importe quel moment.
Nous reprenons l'avenue Becquerel (sic) puis nous longerons les canaux pour revenir au centre d'art. Notre marche aura duré plus de 4 heures.
Deuxième journée :
Le matin, nous nous rendons à pied près du chantier de la future usine de Bio éthanol tout proche de Marnay. Notre controle policier de la veille a fait son effet et nous ne franchirons pas les grilles pourtant ouverte du chantier.
On nous apprendra par la suite que 70 agents de gendarmerie patrouillent en permanence. Nous imaginons facilement dans quel climat psychologique peuvent vivre les personnes qui habitent ici.
La réalité du terrain est bien tout autre que la manipulation médiatique (lien) à laquelle se livre l'industriel avec certains représentants institutionnels en faisant croire à la naissance d'une "vallée du développement durable". Entre une centrale nucléaire et une usine d'agro carburant classée Seveso de niveau 2.
L'après-midi, une rencontre débat a lieu au centre d'art, étaient présents des habitant du village dont Nicole et Didier Rousseau-Navarre qui a créé le jardin botanique de Marnay
Nous avons eu le "plaisir" d'avoir, pendant cette après midi une visite de la police qui souhaitait savoir si nous étions "des militants"...
C'est avant tout par le corps que nous avons ressenti ce territoire. Par notre séjour à Marnay, nous avons pu donner matérialité sur le terrain de ce que sont des questionnements écologiques majeurs et des choix énergétiques. Des choix qui sont fait ici à Marnay et au niveau de l'état, plus dans l'intérêt de quelques uns que suite à une réflexion commune (lien lien ). Sur quoi va réellement déboucher le Grenelle de l'environnement ? .
Les agrocarburants ne répondent en fait pas à l'urgence dans laquelle nous sommes à devoir répondre à ces questionnements et amènent plus de problèmes que de solutions: "confiscation des terres par les cultures énergétiques là où poussaient des cultures alimentaires, dans les pays du sud, expulsion des communautés indigènes et des petits paysans, augmentation des prix alimentaires mondiaux. D'autre part, ils aggravent les problèmes qu'ils prétendent résoudre : les agrocarburants produisent plus de gaz à effet de serre que le pétrole qu'ils remplacent et pour certains nécessitent plus d'énergie pour être produits que l'énergie qu'ils fournissent, sans parler de la déforestation galopante qui accompagne leur extension ". (lien)
Nous avons posé quelques bases et nous allons continuer à travailler autour ces questions ... De prochains contacts avec Marnay sont prévus. Ecologia Island sur Second Life va garder en mémoire la trace de ce séjour et des créations vont y être développée autour de ces créations.
A suivre...
Marc Moana, l'avatar de Marc Blieux se déplace sur la carte du territoire de Marnay et de la centrale de Nogent. Dans second life la carte est le territoire.

Le centre d'art de CAMAC





La mairie de Marnay






Le chantier de la futre usine de "bio-éthanol"