C'est un perpétuel sentiment de curiosité qui m'anime lorsque je suis connecté. Ce Slemotion en est une démonstration. Il permet par le biais d'une amitié électronique avec son créateur de découvrir un nouvel outil, laisser un message sur votre écran, de faire de nouvelles rencontres et tout cela pas si virtuellement. Un écrivain disait l'artiste n'est artiste qu'à la condition d'être double et de n'ignorer auncun phénomène de sa double nature. Je suis assez d'accord.
Curiosité
VORTEX
Par Coulaut Menges le mardi, juin 19 2007, 22:19
Quand il nous est apparu évident qu’un livre constitué de ses propres préfaces pouvait posséder des propriétés intéressantes se démarquant d'autres formes d’écriture, nous avons examiné sa structure et nous avons émis l’hypothèse qu’un recueil de préfaces pouvait permettre à ses lecteurs de remonter à l'essence de l'écriture.
Afin de faciliter la lecture et la compréhension de notre démonstration, nous allons utiliser des figures géométriques simples, à projeter dans l’espace. Dans cette démarche, un livre peut se représenter comme un segment de courbe limité par deux points. Un certain nombre d’événements spatio-temporels vont survenir entre ces deux points. La courbe peut avoir une complexité plus ou moins grande, se replier sur elle-même par exemple, mais le schéma conserve toujours un point de départ et un point d’arrivée. C’est donc un milieu ouvert où le lecteur n’a qu'à suivre le chemin (pour sa lecture) pour saisir le fil du livre. Dans le cas d’un recueil de préfaces, il va en être tout autrement.
Pour une meilleure compréhension, nous allons partir d’un modèle simple et l'affiner progressivement en y intégrant les divers facteurs contribuant à la mise en place de cette démonstration. Donc, un auteur décide d’écrire un recueil de préfaces. Il écrit alors la première préface bâtie sur un livre purement imaginaire puisqu'aucune ligne n’en existe encore et, justement, comme il ne peut pas rester sur cet imaginaire, ce premier texte lui permet d’écrire un autre texte, une autre préface, qui le renvoie à son point de départ.
Il s'avère que notre auteur s’est appuyé sur une base circulaire pour faire prendre corps au recueil. Ainsi notre livre peut s’écrire avec l’équation d’un cercle : R²=x²+y² Regardé sous cet aspect de cercle plan, l’exercice pourrait paraître bien limité puisque chaque texte ramènerait son auteur au point de départ. Cependant si, au lieu de regarder le cercle par le dessus, on l'observe par la tranche, on peut constater que les cercles ne se superposent pas exactement comme la vue plane pourrait le laisser croire. En effet, chaque texte vient se positionner au-dessus du précédent, créant une figure en forme d’hélice (de spirale non ?)*. On peut en effet considérer que chaque nouveau texte s’enrichit des précédents selon un facteur d’enrichissement mutuel a fonction du temps écoulé.
En passant à un mode tridimensionnel, l’équation du recueil va donc pouvoir s’énoncer ainsi : R²=x²+y² z=a(t) La nature hélicoïdale du livre va pour le moins déterminer un mode de lecture radicalement différent de celui d’un livre ordinaire .
En effet, à l'instar d’un solénoïde parcouru par un champ électrique générant un champ magnétique intense, les interactions circulaires entre les textes provoquent un champ perpendiculaire dans l'axe du cylindre. Ainsi, le lecteur, au lieu de suivre les méandres d’une histoire, se trouve plongé dans un champ de force qui l’entraîne d’une extrémité à l’autre de l’hélicoïde ainsi constitué. Jusqu’à ce point de la démonstration, nous avons simplifié l’hypothèse de travail en ne prenant en compte qu’un seul auteur pour l’écriture. Nous allons à présent valider une nouvelle variable et observer les effets de la collaboration de plusieurs auteurs à l'élaboration de ce même recueil . Nous introduisons ainsi une quatrième dimension qui devrait intervenir pour modifier l’aspect de l’équation - la dimension humaine. L' équation peut donc maintenant s’écrire sous une forme : R²=ux²+uy² z=a(t) log u=f(cn) où le facteur de synergie u va être fonction du nombre d’auteurs (n) et de leur faculté à travailler ensemble, désignée d’une façon simplifiée c. Ainsi énoncée, l'expression de notre hélicoïde va se déformer et se transformer en vortex. Il aurait été possible de vous abreuver des équations détaillées de ce phénomène tourbillonnaire, mais il nous a paru plus enrichissant d’aller à la rencontre du vortex avec l’existence d’un recueil de « préfaces ».
Pour donner une image simple d’un vortex, il est possible d’imaginer un lavabo qui se vide ou l’œil gigantesque d’un cyclone ou encore ce mælström entraînant irrésistiblement les navires vers les profondeurs de l’océan. Ceci n’est pas sans analogie avec ces séances d’hypnose pratiquées avec l’aide de mélopées telles que le « hôm ».En début de séance les participants se laisse bercer par le rythme de la mélodie puis aidées d’un discours approprié, le mouvement circulaire prend de l’ampleur, la crasse qui nous entoure s’en va, les écailles constituant nos défenses tombent, peu à peu le corps se dépouille du superflu et dans une sorte de vertige l’inconscient émerge de cette chute vertigineuse infinie.
Pour ceux que cette vision pourrait effrayer, il est possible de prendre une autre image, par ailleurs évoquée dans l’une des préfaces c’est le thème de l’ascension. D’en bas dans la plaine une bande de drille part vers une montagne inconnue ; ça parle haut et fort de cette équipée et quelques textes certes un peu conventionnels mais bien préparés glissent sur le bord du chemin. Le paysage change, fleurs, forêts, rivières sont le prétexte à s’y évader. Ca monte de plus en plus les mots se taisent un peu chacun pense à sa fatigue, comment arriver là haut. A quelques encablures du sommet, dans un monde vertical, le vertige est bien présent et pour hisser ce corps il faut toute la volonté de l’être intérieur pour prendre à bras le corps la montagne et se sublimer au sommet.
Au travers de ces deux exemples pourtant très différents il est clair que le mouvement circulaire, ce vertige, ce vortex est à l’origine de l’émergence de l’essentiel de l’être face à son enveloppes charnelle qui se trouve ainsi désincarnée Au fur et à mesure de l’accélération du mouvement, la perception s’enfonce de plus en plus profondément dans les racines de la conscience, les phrases se dépouillant peu à peu des mots inutiles, devenant idées pures jusqu’à ce point ultime de l’origine où le lecteur se retrouve face à lui-même. Face à ce vertige que chacun des auteurs a peu ou prou vécu au cours de cette démarche, est il possible d’admettre que cette hypothèse puisse s’appliquer par la suite aux lecteurs. N’ayant pas un matériel suffisant et manquant de recul, nous ne savons pas si cet essai de recueil aura tous les effets prévus par la théorie mais c’est incontestablement une nouvelle approche de l’écriture qui prend forme sous vos yeux, une nouvelle écriture permettant au lecteur de s’immerger dans un champ de force créé par des auteurs différents. Une tentative à faire émerger non seulement l’essentiel de l’écriture, mais son corollaire, l’essentiel de l’être. Roger 8/03/04
mercredi, juin 13 2007
Curiosité
Par Marc Moana le mercredi, juin 13 2007, 15:20
C'est un perpétuel sentiment de curiosité qui m'anime lorsque je suis connecté. Ce Slemotion en est une démonstration. Il permet par le biais d'une amitié électronique avec son créateur de découvrir un nouvel outil, laisser un message sur votre écran, de faire de nouvelles rencontres et tout cela pas si virtuellement. Un écrivain disait l'artiste n'est artiste qu'à la condition d'être double et de n'ignorer auncun phénomène de sa double nature. Je suis assez d'accord.